Au secours, votre entreprise me rappelle mon père !
Dans cet article, découvrons ensemble ce que votre entreprise et mon père ont en commun, et leur lien à votre engagement et à votre motivation au travail.
Je discutais hier avec un professionnel de l’IT, et nous évoquions une problématique qu'il vit sur son lieu de travail et qui me dérange depuis quelques années. Malheureusement, je constate encore bien trop souvent ça dans le « monde corporate ».
Quelle que soit la taille de l’entreprise, le management pratiqué, ou l’âge moyen des collaborateurs d'ailleurs, ce phénomène s’est faufilé absolument partout et cause de gros dégâts pour la marque employeur d’une société.
Avant de vous dire de quoi il s’agit, je partage avec vous une anecdote personnelle tirée de mon enfance et qui vous mettra dans le contexte.
Les missions top secrètes de mon père
Mon père, qui a grandi à une autre époque, et qui a eu une éducation très différente de la mienne, avait une fâcheuse tendance qui nous tapait tous sur les nerfs à la maison.
A chaque fois qu’il avait besoin de l’un d’entre nous, il nous demandait de nous préparer.
Et voilà.
C’était tout.

Je suis très sérieuse, c’est littéralement tout ce qu'il nous disait.
Aujourd’hui c’est fou de réaliser qu’il donnait aussi peu d’informations alors que nous étions concernés par sa demande, et que nous étions en âge de réfléchir par nous-mêmes.
Nous répondions d’ailleurs tous la même chose :
« Oui papa, mais nous préparer pour aller où ? Pour y faire quoi ? Comment… ? ».
Et la seule réponse que nous obtenions de papa BEY était relative au « quand ».
« Sois prête dans 10 minutes, on va quelque part ».
Pourquoi cette rétention d’informations me direz-vous ? Il n’a jamais travaillé à la CIA, ou à la NASA.
Non, il vient simplement d’un autre temps où la seule chose que l’on attendait d’un enfant était l’obéissance ; obéir sans poser de questions, sans débattre et sans broncher.
Le souci, c’est que ça ne nous motivait pas vraiment à le suivre aveuglément. Bien au contraire, ça créait en nous une irrépressible envie de ne plus y aller ! En d’autres termes, ça nous désengageait de la mission qu’il nous avait donné.
Vous le connaissez, ce côté rebelle en nous qui veut clamer son indépendance et retrouver sa capacité de faire ses propres choix, en disant « non ».
Bon, je vais censurer la réponse de mon père à notre refus d’obtempérer et poursuivre mon article... (PG-13).

Bienvenue aux APA*, Addicts de la Performance Anonymes
« Bonjour, je m’appelle Lee et je suis addict à la performance »
(en chœur) « Bonjour Lee »
« Voilà, je ne pense qu’à ça ! Je rêve de tableurs Excel, d’outils de diagnostic, de mesure de la perf, de score-cards... Je ne pense plus qu’en data, qu’en données quantifiables ; quand je mange, je pense valeur nutritionnelle, quand je parle d’éducation, je pense études et statistiques de réussite, d’échec… quand je parle politique, je pense en chiffres sur le chômage, sondages IFOP etc. Depuis le bouquin Miracle Morning, mon réveil est aussi réglé qu’une montre suisse et je lis autant de livres par mois que proportionnellement le carré du cosinus de ma bibliothèque… Est-ce grave docteur ? »

Le souci, c’est que nous sommes beaucoup à ressembler à Lee. Pire ; les entreprises ne recherchent plus que des Lee, et il est graduellement devenu la norme.
Alors compter et mesurer ne fait pas de mal, au contraire. Objectiver des idées, des initiatives, des arguments en y mettant des chiffres peut être une bonne chose.
En effet, c’est compliqué de comparer deux opinions, mais deux résultats de sondages, c’est tellement plus simple. Et puis les chiffres parlent toujours d’eux-mêmes.
Les chiffres parlent-ils vraiment d'eux-mêmes ?
Je ne suis pas trop sûre de cette affirmation.
Prenons le cas des RH, qui est chamboulé depuis quelques années par l’obsession de la performance.
- Nous avons constaté des problématiques de management ou de sourcing de candidats, une solution a été de créer un outil d’évaluation des hardskills des talents (comme Avizio) ;
- Nous avons constaté des soucis de management, des sondages de feedback 360 ont été mis en place (comme Qualtrics) ;
- Nous avons constaté que les burnout augmentaient, la solution a été de créer des outils de mesure du bien-être au travail (comme Supermood).
Ne vous méprenez pas, toutes ces innovations ont raison d’exister et elles répondent à de vraies problématiques (chapeau à leurs créateurs d'y avoir pensé !). Mais est-ce que ces outils seuls nous permettent de comprendre les problématiques internes d’une entreprise, ou d’un employé ?
Laissez-moi vous raconter une anecdote.
J’ai rencontré il y a quelques années un influenceur américain spécialisé des RH et de la performance au travail. Le Docteur Sullivan a passé des décennies à analyser et à travailler en collaboration avec les GAFAs pour proposer des préconisations sur les futures tendances RH et les nouveaux outils nécessaires.
Je me souviens encore de notre échange très laborieux à l’époque où je cofondais moi-même une startup dans les RH. Il n’a cessé de parler de mesure, de performance, de KPI, de data durant l’heure et demie d’échanges.
D’après lui, les RH en France et en Europe sont encore à la préhistoire.

Les français ; archinuls en RH ?
En sortant de ce rdv, j’étais reconnaissante du niveau de la discussion, des informations que j’ai reçues et d’en avoir appris autant. Cependant, j’ai eu comme un goût d’amertume.
Une pilule ne passait pas.
Après l'entretien, je me suis mise à penser que monsieur Sullivan était certes spécialisé dans les chiffres mais pas dans les Ressources Humaines. Du moins pas dans le H de RH.
Sur les dix premiers mois de 2021, près de 39 millions de travailleurs américains ont démissionné : jamais, depuis le lancement de cette série statistique en 2000, ce chiffre n’avait été aussi élevé.
[L’opinion].
La qualité et le bienfondé de son travail sont indéniables : il utilise les données pour prouver des théories qui sont encore difficiles à appréhender aujourd'hui dans le monde du travail. I
l préconise avec ferveur la diversité dans les entreprises et c'est, d’après lui, un des seuls moyens d’atteindre la performance actuellement. Et les entreprises qui ne prennent pas complétement le virage de la totale diversité sont destinées à mourir.
Je suis d’accord avec cette vision des choses, mais j’aime aussi la nuance. Et celle-ci me manquait dans son discours.
Comme diraient Mulder et Scully… la vérité est ailleurs 👽
De vous à moi, je suis certaine que le savoir se trouve absolument partout si l’on est ouvert à la remise en question. Après maintes réflexions, j’ai ainsi réalisé que si le monde dont il me peignait les traits était si parfait, si les Américains avaient le monopole du business fleurissant, cela se refléterait sur leur propre société. Sans chercher à polémiquer, ils ne seraient pas champions de l’obésité, Trump n’aurait jamais pu gouverner le pays et surtout ils ne seraient pas complétement dépassés par les burnout et les démissions etc.
La solution du business bien fait et performant réside peut-être dans notre humanité et notre humanisme à la Française, qui sait...
HB Copywriting, spécialiste bilingue (FR/ENG) de communication et Copywriting, alias la créatrice de contenus qui vous ressemblent.
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